Avis Captive de Sarah Rivens — 3,5/5

Édition Hachette (HLab), 544 pages.
Notre avis en bref
Publié d’abord chapitre après chapitre sur Wattpad, Captive est devenu le grand phénomène de la dark romance française, et on comprend vite pourquoi. Sarah Rivens écrit comme on parle : vite, fort, sans précaution. Les dialogues claquent, les chapitres s’enchaînent, et l’énergie qui traverse le livre tient le lecteur bien plus sûrement que l’intrigue elle-même.
Cette urgence a un revers. La construction rejoue en boucle la même séquence — provocation, affrontement, rapprochement, retour à la case départ — et la boucle finit par se voir. Des transitions sont expédiées, certaines scènes se répètent à peine déguisées, et les personnages secondaires n’existent que pour relancer la mécanique. Un travail éditorial plus serré aurait gommé ces maladresses sans rien enlever à la voix.
Reste un premier roman brut, imparfait et étonnamment vivant. On peut beaucoup lui reprocher, sauf de laisser indifférent : le rapport de force entre Ella et Asher installe une tension qui ne retombe presque jamais, et on saisit, en refermant le livre, pourquoi tant de lectrices se sont reconnues dans cette voix-là.
Résumé sans spoiler
Ella survit dans un milieu criminel où elle compte moins que ce qu’elle peut rapporter. Monnaie d’échange dans un règlement de comptes qui la dépasse, elle passe sous la « protection » d’Asher, chef aussi froid que calculateur, qui ne protège personne gratuitement. La dette qui la lie à lui pourrait se payer de bien des manières, et Ella n’a plus grand-chose à perdre. Entre eux s’installe un rapport de force permanent, fait de provocations, de silences et de règles qu’elle s’obstine à enfreindre — jusqu’à ce que le jeu se dérègle, pour l’un comme pour l’autre.
Ce qu’on a aimé, ce qu’on a moins aimé
On a aimé
- Des dialogues vivants, une vraie voix, immédiatement reconnaissable parmi les traductions du genre
- Une tension entre Ella et Asher qui ne retombe presque jamais
- Un rythme nerveux, des chapitres courts qui s’enchaînent tout seuls
- Un rapport de force qui évolue réellement au fil du récit
On a moins aimé
- Une construction répétitive, qui rejoue longtemps la même boucle d’affrontements et de réconciliations
- Des personnages secondaires interchangeables, réduits à des fonctions
- Un style encore vert, qui trahit le passage direct de l’écran à la page
Pour qui ce livre ?
À réserver à un lectorat jeune adulte et adulte déjà familier des codes de la dark romance, ou curieux de découvrir ce que le genre donne quand il s’écrit directement en français. Comme toujours dans ce genre, consultez les avertissements de contenu avant d’ouvrir le livre : violence, emprise et relation toxique assumée sont au cœur du récit, sans réelle mise à distance. Si vous cherchez une porte d’entrée plus douce dans le genre, commencez plutôt par Twisted Love ; si le phénomène Wattpad vous intrigue, Captive est le passage obligé.
Où acheter Captive ?
Édition grand format (Hachette (HLab)), au prix constaté de 20,00 €.
Prix indicatif constaté récemment, susceptible de varier.
Livres similaires
Recevez nos coups de cœur
Trois livres lus et notés, une saga à suivre : la sélection du mois dans votre boîte mail. Zéro spam, désinscription en un clic.





