Avis Lights Out de Navessa Allen — 4/5

Édition Hauteville, 512 pages.
Notre avis en bref
Le pitch a fait le tour des réseaux, mais l’essentiel est ailleurs : ce roman prend le fantasme du stalker masqué et le retourne comme un gant. Aly, infirmière épuisée par ses gardes et rongée d’insomnies, passe ses nuits sur les vidéos d’un inconnu masqué à la voix trop douce. Un commentaire de défi lancé par bravade, et voilà le chasseur invité à chasser — par sa proie elle-même.
Toute la réussite du livre tient à ce renversement : c’est elle qui provoque, elle qui consent, elle qui fixe les règles du jeu — et lui qui s’y plie avec une patience de prédateur amoureux. Navessa Allen en tire un jeu du chat et de la souris étonnamment drôle, truffé de dialogues qui claquent et de scènes dont la tension monte très vite. Les chapitres défilent tout seuls, souvent bien au-delà de l’heure raisonnable.
On pourra trouver l’intrigue d’arrière-plan un peu mince et certaines facilités bien commodes. Mais le duo fonctionne si bien, entre deux personnages cabossés qui se réparent mutuellement, qu’on referme le livre avec le sourire — ce qui, pour une histoire de traque, est un exploit en soi.
Résumé sans spoiler
Aly enchaîne les gardes de nuit et les insomnies qui vont avec. Son échappatoire : les vidéos d’un homme masqué, tout en voix grave et en mises en scène de traque, dont elle est devenue l’une des spectatrices les plus assidues. Un soir, elle laisse un commentaire de provocation : qu’il vienne donc la trouver, s’il l’ose. Il ose. Commence alors un jeu du chat et de la souris à la frontière du fantasme et du réel, où chaque limite est discutée avant d’être franchie. Entre messages, poursuites orchestrées et rencontres de plus en plus risquées, Aly découvre l’homme derrière le masque — et un jeu qui pourrait bien devenir sérieux.
Ce qu’on a aimé, ce qu’on a moins aimé
On a aimé
- Le renversement du trope : la « proie » mène la danse de bout en bout
- Un ton joueur, plein d’autodérision, rare dans le genre
- L’alchimie brûlante d’un duo qui négocie chacune de ses limites
- Un rythme de page-turner qui rend les nuits blanches contagieuses
On a moins aimé
- Une intrigue de fond légère, simple écrin pour le duo
- De grosses ficelles qu’il faut accepter de ne pas questionner
Pour qui ce livre ?
Malgré son ton léger, le roman reste réservé à un public adulte et averti : scènes très explicites, jeux de domination et fantasme de traque, même consenti, sont au programme. C’est la lecture idéale pour qui veut goûter au frisson de la dark romance sans sa noirceur habituelle : on vient pour le masque, on reste pour l’humour et la complicité du duo. Les lectrices en quête d’une vraie descente aux enfers trouveront l’ensemble trop sage sous ses airs interdits.
Où acheter Lights Out ?
Édition broché (Hauteville), au prix constaté de 19,90 €.
Prix indicatif constaté récemment, susceptible de varier.
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