Avis La Psy de Freida McFadden — 4/5

Édition J’ai lu, 416 pages.
Notre avis en bref
Une thérapeute, un cabinet, des patients qui mentent : sur le papier, La Psy ressemble à un épisode de plus dans la production de Freida McFadden. C’est en réalité l’un de ses livres les plus solides en dehors de la série La Femme de ménage. Le décor tient en quelques pièces — un cabinet, des séances, des dossiers — et c’est précisément cette économie de moyens qui rend le piège si efficace.
Car le vrai sujet du roman, c’est la manipulation : celle que les personnages s’infligent entre eux, et celle, plus retorse encore, que l’autrice inflige à son lecteur. Chaque séance ressemble à une partie d’échecs dont on ignore qui la mène — la thérapeute qui écoute trop bien, ou les patients qui ne racontent que ce qu’ils ont décidé de raconter. On passe la lecture à réviser ses hypothèses, et c’est un plaisir constant.
L’écriture, elle, reste simple et fonctionnelle, et certains seconds rôles n’existent que pour brouiller les pistes. Mais la construction est assez maligne pour qu’on referme le livre avec l’envie d’en revisiter des passages, juste pour repérer l’endroit exact où l’on s’est fait avoir.
Résumé sans spoiler
Une thérapeute reçoit ses patients dans son cabinet, écoute, note, reconstitue. Sauf que ses patients mentent — certains par omission, d’autres avec méthode — et qu’elle-même n’est peut-être pas la narratrice fiable qu’on imagine. Au fil des séances, ce qui ressemblait à une routine professionnelle se transforme en jeu de dupes où chacun avance masqué. On restera volontairement vague : l’intérêt du roman tient à l’ordre dans lequel les informations arrivent, et à ce qu’elles détruisent à chaque fois. Un huis clos mental, à découvrir en sachant le moins de choses possible.
Ce qu’on a aimé, ce qu’on a moins aimé
On a aimé
- La mécanique de manipulation du lecteur, réglée au millimètre d’un chapitre à l’autre
- Le huis clos mental du cabinet, oppressant sans jamais devenir statique
- Des séances de thérapie transformées en véritables parties d’échecs
- Un rythme qui ne retombe jamais, jusqu’à une dernière ligne droite très tendue
On a moins aimé
- Une écriture fonctionnelle, qui ne cherche jamais l’élégance
- Des seconds rôles surtout là pour brouiller les pistes
Pour qui ce livre ?
C’est le McFadden qu’on conseille à celles et ceux qui trouvaient La Femme de ménage trop balisée : même vitesse de lecture, mais une construction plus retorse et un plaisir de manipulation pleinement assumé. Les amateurs de thrillers psychologiques en cabinet — narrateurs faillibles, vérités à tiroirs — y trouveront exactement leur compte. On le déconseille en revanche aux lecteurs qui veulent des personnages profondément incarnés : ici, tout le monde est d’abord une pièce sur l’échiquier.
Où acheter La Psy ?
Édition poche (J’ai lu), au prix constaté de 8,60 €.
Prix indicatif constaté récemment, susceptible de varier.
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