Avis La Vie rêvée des chaussettes orphelines de Marie Vareille — 4,5/5

Édition Charleston, 512 pages.
Notre avis en bref
Alice Delambre a tout de la réussite parfaite : un poste brillant, une vie réglée au cordeau entre Paris et New York, un sourire de façade qui ne se fissure jamais. Marie Vareille installe d’abord une comédie pétillante, portée par une héroïne drôle malgré elle, avant de laisser entrevoir ce que cette perfection lui coûte.
Car derrière la façade, il y a une famille en morceaux, un frère qui compte plus que tout, et un accident passé dont personne n’ose vraiment parler. L’autrice distille les fêlures par petites touches, l’air de rien, entre deux scènes de comédie : on sent monter quelque chose, sans jamais parvenir à deviner quoi.
C’est tout l’art de ce livre : commencer comme une comédie légère et se refermer comme un piège émotionnel. Le fameux basculement final, dont on ne dira rien ici, a fait la réputation du roman, et il la mérite. On en sort remué, avec l’envie immédiate de le faire lire autour de soi.
Résumé sans spoiler
Vue de l’extérieur, la vie d’Alice Delambre ressemble à une réussite sans accroc : un poste prestigieux, des allers-retours entre Paris et New York, une organisation millimétrée et un aplomb à toute épreuve. Mais cette perfection est une armure. Derrière, il y a une famille qui ne s’est jamais remise d’un accident, un frère aimé plus que tout et des non-dits qui pèsent sur chaque conversation. Quand le passé se rappelle à elle, Alice doit affronter ce qu’elle avait soigneusement enfoui. On n’en dira pas davantage : ce roman se savoure en sachant le moins possible de ce qui attend au tournant.
Ce qu’on a aimé, ce qu’on a moins aimé
On a aimé
- La construction : une comédie en apparence, un piège émotionnel en réalité, refermé avec une précision redoutable.
- Alice, héroïne à la fois drôle, agaçante et bouleversante, qu’on n’oublie pas une fois le livre refermé.
- Le basculement final, jamais gratuit, qui donne rétrospectivement son sens à tout le roman.
- L’équilibre entre rire et émotion, tenu de bout en bout sans jamais verser dans le pathos.
On a moins aimé
- Une première partie très comédie romantique, qui peut sembler légère à qui attend d’emblée un récit poignant.
- Quelques ficelles humoristiques un peu appuyées avant que le récit ne déploie toute sa profondeur.
Pour qui ce livre ?
On conseille ce roman à celles et ceux qui aiment être cueillis par une lecture : les amatrices de Changer l’eau des fleurs ou de Tout le bleu du ciel y retrouveront cette émotion qui monte sans prévenir. C’est aussi la meilleure porte d’entrée dans l’univers de Marie Vareille, parfaite pour un week-end lecture, un club de lecture ou un cadeau. Une seule condition : ne rien lire sur l’intrigue avant de commencer, et laisser le livre faire son travail.
Où acheter La Vie rêvée des chaussettes orphelines ?
Édition poche (Charleston), au prix constaté de 9,90 €.
Prix indicatif constaté récemment, susceptible de varier.
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